L'ORGUE DE BOIZARD
(1714)

       difiée à partir du XIIème siècle, l'abbaye bénédictine de Saint-Michel en Thiérache, dans l'Aisne, abrite depuis 1714 un remarquable instrument: l'orgue historique de JEAN BOIZARD. On connaît assez peu de choses sur le personnage de JEAN BOIZARD, sinon qu'il était installé à Sedan et qu'il créa les Orgues de Donchery en 1702, d'Avioth en 1715 et de Stenay en 1716.
       La préservation de l'instrument au cours des siècles et la conservation de sa tuyauterie d'origine sont dues à des circonstances miraculeuses. Il échappe aux incendies de 1715 et, récemment, de 1971, tandis que la vente de l'abbaye et de ses dépendances à un certain LALOUETTE, le 4 mai 1791, le préserva des épisodes révolutionnaires. Il a été encore épargné par la première guerre mondiale alors que partout le métal était réquisitionné pour être fondu.
       Il fait l'objet d'un relevage complet confié au facteur RENAULT, de Signy-le-Petit, en 1885, et c'est en 1919 que FELIX RAUGEL attire l'attention sur son existence. Classé monument historique en 1950, l'orgue est démonté après le sinistre de 1971 pour être entreposé dans les ateliers des facteurs HAERPFER et HERMAN, chargés d'une restauration complète à l'identique en 1980.
        La composition des jeux est celle de 1714, et le ton d'origine a été conservé, tandis que le tempérament adopté à l'occasion de cette restauration a été celui de LAMBERT CHAUMONT. En 1990 le facteur GEORG WESTENFELDER est désigné pour assurer la maintenance de l'instrument. Il procède en 1992 au remplacement des claviers et effectue en 1996 une révision totale de la tuyauterie avec une restitution de la soufflerie cunéiforme. Le tempérament retenu désormais est celui de Rameau ( ut ).
       orgue de Saint Michel est un grand huit pieds en Montre, avec positif séparé de quatre pieds et comporte 31 jeux répartis sur quatre claviers et un pédalier.
      L'achèvement en 1983 de la première restauration réalisée par le facteur HAERPFER (à partir de 1981) ouvrit des perspectives privilégiées d'utilisation artistique du site abbatial.
      Certains musicologues considèrent que cet instrument est le représentant typique de "l'orgue moyen du temps de LOUIS XIV" dont peu d'exemples "audibles et fiables" nous sont parvenus à l'issue de ces trois siècles.