LA PREMIERE
ABBAYE
        abbaye fut victime d' un premier grand incendie en 987, année au cours de laquelle HUGUES CAPET, duc de France, devint Roi de France (par consentement de ses pairs), au décès du dernier des Carolingiens. Face au danger des invasions incessantes, aux difficultés de communication et surtout au délitement du pouvoir royal, les propriétaires terriens se devaient d' assurer eux-mêmes, la défense de leurs biens et des gens qui en dépendaient.
       ls s' entourèrent donc de guerriers. De la confluence de multiples facteurs (tels le « placement » progressif des hommes au service des propriétaires, l'octroi de fiefs, les alliances matrimoniales soigneusement sélectionnées, la mise en place de tout un code de droits et de charges) procéda toute une pyramide sociale complexe, très hiérarchisée, régie par des rapports précis de vassal à suzerain.

        out au long du XIème siècle, le rayonnement spirituel du monastère s'étendit à toute la Thiérache tandis que se développa son assise temporelle. Les biens fonciers de l'abbaye augmentèrent au fil des acquisitions, legs, héritages ou départs en croisade, les donateurs prenant ainsi une assurance sur la clémence divine ici-bas ou pour l'au-delà. A ces possessions foncières étaient assorties des redevances substantielles, en monnaie ou en nature, qui faisaient la richesse des bénéficiaires. De nouvelles techniques se développèrent, et le commerce reprit, dans une Europe qui connaissait enfin une certaine stabilité.


       ais cette relative prospérité se trouva vite contrebalancée par le souci quotidien de la subsistance : les famines étaient nombreuses. Ici comme partout ailleurs, on faisait reculer la forêt en vue de gagner des terres cultivables.
      BARTHELERMY DE VIR a été l'artisan des transformations locales et le restaurateur et bâtisseur d' abbayes. Issu d' une famille noble, ce prélat fût nommé évêque de Laon en 1113 : il trouva une ville en ruine et un diocèse à l'abandon. Il chargea une équipe de sept chanoines et de six laïcs de parcourir la France et l'Angleterre pour récolter des fonds, et réussit ainsi à restaurer l' abbaye de Saint-Michel.

Hugues Capet
Roi de France

        n 1182, à la mort d'ELISABETH, l'héritage de Vermandois était réclamé à JACQUES D'AVESNES par PHILIPPE-AUGUSTE soucieux de faire progressivement l' unité de son royaume et de conforter son autorité. Une querelle d'héritage va alors mettre à feu et à sang la région. JACQUES D'AVESNES, choisit tour à tour le suzerain qui l'arrangeait :BAUDOIN de HAINAUT, qui soutint le roi de France ou le comte de Flandre, PHILIPPE d'ALSACE. Lieu de batailles et de représailles, la région ne retrouva la paix qu' en 1185 à la signature du traité de Boves entre PHILIPPE d'ALSACE et PHILIPPE-AUGUSTE : le Vermandois se trouva rattaché à la France et le calme revint à nouveau.     

       ARTHELEMY DE VIR implanta les implantations de nouvelles maisons religieuses en négociant des terres initialement propriétés de l'abbaye de Saint-Michel, à tel point qu' en 1150, son successeur, GAULTIER, l' accusa d' avoir dissipé les biens de son église en fondant des monastères. Et RENAULT, un des disciples de BERNARD, abbé de Clairvaux, fonda une seconde abbaye à Foigny : abbaye cistercienne, grande rivale de Saint-Michel jusqu'à sa destruction par la foule révolutionnaire de 1789.
       JACQUES D'AVESNES, seigneur d' une partie du Hainaut et vassal du COMTE BAUDOIN, se maria en 1170 avec AMELINE, fille unique du seigneur Bouchard, dont les terres étaient voisines de celles de l' abbaye de Saint-Michel : il devint seigneur de Guise et, comme tel, vassal de PHILIPPE D'ALSACE qui était comte de Flandre et de Vermandois par sa femme ELISABETH. Son pouvoir s'étendit ainsi sur presque toute la Thiérache.

 
       ans ce contexte, WILHELME, 16ème abbé de Saint-Michel de 1169 à 1183, choisit naturellement comme protecteur son voisin, JACQUES D'AVESNES qui devint ainsi propriétaire indivis de quelques 7 219 arpents de bois partageant à égalité avec les moines les droits afférents, amendes, fermages, glandées et autres. Le reste des terres de l' abbaye (près de 14 000 arpents) avait déjà été défriché depuis sa fondation.