SOURCES
D'INSPIRATION
Cet ensemble de peintures naïves occupe six travées de l'aile Nord du cloître de l'abbaye.
       éalisées au XVIème siècle, ces peintures évoquent la vie et la légende de saint-Benoît. La vie des saints a été très souvent écrite, xylographiée puis imprimée sous forme d'une suite d'images diffusée et vendue avec un grand succès aux XVème et XVIème siècles. A l' égal de la sculpture, la peinture française s'est très peu intéressée à la vie de Saint-Benoît. On ne connaît guère que les chapiteaux de Saint-Benoît sur Loire et deux oeuvres du XVIIIème siècle (des peintures à Ebermûster en Alsace et les stalles de Saint Ghislain de Mons à Tournai).

L' INSPIRATION ITALIENNE

      A l' opposé, le thème de Saint Benoît a été souvent développé dans les couvents bénédictins italiens : on peut ainsi profiter de récits très détaillés à San Miniato, Passignano, la Badia de Florence, et au Mont Olivet. De même, les cloîtres peints sont aussi fréquents en Italie qu' ils demeurent exceptionnels en France. Il est donc logique que nous trouvions l'inspiration des peintures murales de Saint-Michel en Thiérache dans un livre italien.
      Ces peintures murales sont en effet conformes à six planches d'un recueil de 24 gravures, réalisées par Heinrich Stäcker de Munich qui mettent en scène la vie même de saint Benoît, et que le peintre de Saint-Michel a recopié dans un style naïf.
      Chacune de ces gravures exprime une étape de la vie de Saint Benoît toujours accompagnée d' un miracle qui se réalise au travers de sa personne. Et les peintures de l'abbaye de Saint Michel semblent être inspirées de ces gravures. Les numéros des panneaux de Saint-Michel (7 à 12) témoignent de l'existence des panneaux un à six et nous laissent supposer un programme complet de copie des 24 gravures, à raison de six peintures par aile du cloître.

LA RESTAURATION

      C' est en juillet 1987, lors de travaux de restauration, que furent découvertes fortuitement, et mises à jour par un groupe de jeunes Ecossais qui travaillait dans l' abbaye dans le cadre d' un chantier Concordia, d' amples peintures murales. La restauration de ces peintures a été placée sous la responsabilité de Joël Olivérès secondé par Elisabeth Evangelisti, Hervé Langlois, Véronique Legoux et Françoise Lermann. Elles constituent un ensemble monumental et cohérent unique que l'on peut apprécier sur plus de 60 m2.

Recueil de gravures réalisées par Stäcker
                  Livre contenant les gravures de Stäcker
L'inspiration de Stäcker provint des 50 gravures réalisées par Philippe Thomassin, sur des dessins de Bernardo Passari, pour illustrer une vie de Saint Benoît écrite en 1587 par Angélus Sangrinus, abbé de Mont-Cassin. Une première version a été gravée à Rome en 1578 par Aliprando Caprioli. Outre les gravures de Stäcker, Philippe Tomassin a également inspiré plusieurs peintures et vitraux en Suisse (Muri, Münsterlingen).

 
LA VIE DE SAINT-BENOIT

      Né vers 480 ou 490 dans la région de Nursie, Saint Benoît se rendit à Rome pour suivre des études littéraires. Irrité par la vie dissolue des étudiants, il quitta la vie étudiante pour devenir ermite dans une grotte près de Subiaco où il resta trois ans accompagné de sa seule nourrice. Il fonda là douze petits monastères.
      Sa vie austère entièrement consacrée à Dieu s'est trouvée ponctuée de miracles et de prophéties.
      Saint-Benoît mourut en 547 ou 560.


LA REGLE DE SAINT BENOIT

       Contrairement aux autres ordres, ce n'est pas l'aura du fondateur mais le succès de la Règle qui a assuré le développement de l'ordre bénédictin. Saint Benoît connaissait bien les règles antérieures à celles d'Augustin et de Cassien, ou les règles orientales, telles celles de Pacôme ou de Basile.
      A l'abbaye, rien ne devait être rude ou pesant et la règle de Saint-Benoît se caractérisa par son équilibre, sa mesure.
      Trois vertus dominaient : l'obéissance, le silence et l'humilité. Et deux activités rythmaient le quotidien des moines : la prière et le travail. Tout était réglé minutieusement pour lutter contre les vices, cela par une pratique régulière et raisonnable des vertus. Par crainte des moines errants, Saint-Benoît imposa la stabilité. Par méfiance des oraisons désordonnées, il réglementa l'Office. Par peur des ascèses excessives, il prévit les repas et le sommeil. La direction du monastère, « mêlant douceur et menaces, sévérité et tendresse » fut confiée à l'abbé, élu à vie, responsable du salut de tous.
      Saint Benoît confia à ses disciples Maur et Placide la règle qu'il avait rédigée.